| Lettre envoyée à plusieurs journaux après le drame d'Otterburn Park et qui ne fut, à notre connaissance, jamais publiée. |
‘Ne me quitte pas!’
Drame familial à Otterburn Park
‘Un père s’enlève la vie après avoir tué sa femme et ses filles’. À partir de cet événement, au lieu d’aller chercher seulement une série d’exemples d’hommes qui tuent en évitant ceux des femmes qui font de même, il faut se demander comment réagiraient les femmes si leur conjoint s’accaparait leurs enfants et s'appropriait leur salaire et leurs biens. Ces hommes tuent parce qu’ils n’ont plus rien à perdre, on leur a tout pris ou ils savent pertinemment qu’on va tout leur prendre. Il est bien sûr injustifiable pour un homme, comme pour une femme d’ailleurs, de tuer lors d’une situation de rupture conjugale.
À la Coalition pour la défense des droits des hommes du Québec des hommes viennent continuellement nous dire que lors d’une rupture conjugale, ils ont perdu leur maison, leurs actifs et ce qui est encore plus dramatique l’accès à leurs enfants. Ceci correspond tout à fait à ce qui est rapporté par ailleurs dans La Presse du 25 juillet 2003 au sujet du drame familial à Otterburn Park: ‘Mardi, Jacques Picard aurait dit à une connaissance que sa femme le quittait et qu’il se retrouverait ‘tout nu dans la rue’’. La crainte appréhendée à l'égard d’un système policier et judicaire où règnent l'arbitraire et l'iniquité à l'encontre des hommes peut expliquer, sans la justifier, la commission de tels actes. Ceci entraîne bien sûr l’escalade de la répression et … un taux alarmant de suicide chez les hommes conscients du sort qui les attend. Pour comprendre la situation, il faut aller au-delà de l’histoire de la grosse peine d’amour passion, il y a d’autres enjeux lors d’une séparation.
L’escalade de la répression, c’est l’arrestation des hommes sur une simple allégation – qui peut très bien être une fausse accusation – de la part d’une femme pour des menaces du genre : ‘Ne me quitte pas’ ou plus directement ‘Si tu me quittes, j’te tue’. Cette allégation sera utilisée d’abord par la police, puis par la couronne lors du procès, elle colorera la perception du juge. Quant à l’accusé lui, jugé là-dessus, il n’aura parfois même pas connaissance de cette allégation. En effet nombre d’hommes nous ont déclaré n’avoir jamais eu accès à la déclaration écrite de la plaignante ou au rapport de police rédigé suite à une plainte. Bien que cacher de tels documents soit contraire à la Constitution canadienne, certains hommes luttent pendant des mois voire des années pour avoir accès à de tels documents. Pour enterrer l’affaire, le ou la Ministre de la justice aura toujours beau jeu de déclarer que de toutes façons ces documents ‘n’auraient pas changé l’issue du procès’. Pourtant le mobile du crime allégué par la plaignante, le fameux : ‘Si tu me quittes, j’te tue’, a une certaine pertinence et aurait été un élément majeur pour contre-interroger la plaignante, si la défense en avait eu connaissance. Comment faire face à une accusation souvent fausse à laquelle le drame des derniers jours risque d’apporter de la crédibilité?
Dans un système policier et judiciaire réellement équitable, il n'y a pas de place pour le ‘deux poids – deux mesures’. Cette prémisse est un préalable obligatoire à la désescalade de la violence dans cette guerre des sexes attisée par un féminisme exacerbé et qui se traduit chaque jour plus concrètement par la guerre des ex lors de séparations acrimonieuses avec les conséquences déplorables que nous connaissons tous. Le sexisme d'État n'a pas de place dans une société fondée en droit.
Georges Dupuy, Vice-président
Coalition pour la défense des droits des hommes du Québec
www.coalitiondeshommes.org
DUPUY, G. Coupable d'être un homme,"violence
conjugale" et délire institutionnel, VLB, Montréal, 2000